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Retour de la Grèce au coeur de l’actualité

samedi 18 février 2012 Aucun commentaire
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Le Monde est encore premier cette semaine du 6 février. Les Echos remonte d’une place mais reste derrière Le Figaro. En quatrième place, La Croix distance Libération, dernier de ce classement.

Media Position Score Part relative
Le Monde 1 275
30.4 %
Le Figaro 2 220
24.3 %
Les Echos 3 202
22.3 %
La Croix 4 122
13.4 %
Liberation 5 85
9.40 %




Nicolas Sarkozy et Angela Merkel : “unis dans la diversité” ?

A l’occasion du 14ème Conseil des ministres franco-allemand du lundi, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont « affiché leur volonté de durer » devant la presse (conférence de presse et interview France 2-ZDF). Le premier s’est dit « admiratif » de sa partenaire et fier « de ne pas jalouser les réussites allemandes ». La seconde a affirmé « soutenir » le président français « sur tous les plans ». Les éloges ont englobé la qualité et l’intensité de la relation franco-allemande sans laquelle « l’Europe et l’euro seraient tombés dans le gouffre de la crise financière ». L’alliance entre les deux pays est « d’une importance stratégique » et se révèle « sans faille et déterminée ». Nicolas Sarkozy a souligné avec véhémence que la négociation d’un traité européen était « un engagement d’Etat, pas un engagement politicien », en référence à la volonté de François Hollande de renégocier le « pacte budgétaire » adopté par 25 gouvernements européens, lundi dernier.

Xavier Bertrand et son homologue Ursula van der Leyen s’unissent à cet effort de rapprochement. Dans un article du Figaro paru le même jour, les ministres du travail français et allemand avancent les pistes d’un modèle européen qui allie croissance économique et progrès social et vont jusqu’à proposer de « concrétiser l’Europe sociale ».

Mais déjà la presse dévoile « des différences derrière l’apparente unité entre Merkel et Sarkozy ». La Croix explique que l’une soutient la Commission et la méthode communautaire quand l’autre ne veut pas lâcher le mode intergouvernemental. « Il a toujours existé un besoin très français de constituer un noyau dur d’influence politique ». La Figaro explique qu’Angela Merkel est fortement critiquée en Allemagne pour ce soutien. Les Echos détaille davantage. Si la popularité de Merkel est “au plus haut depuis fin 2009”, cela “ne rejaillit que partiellement sur les Unions chrétiennes, créditées de 36 % des intentions de vote”. L’allié actuel de la chancelière, le Parti libéral, en pleine crise, aura du mal à entrer au prochain Bundestag, en 2013. L’ensemble des forces de gauche (SPD, Verts, gauche radicale, Pirates) totalisent 57 % des intentions de vote. La crainte majeure de la chancelière, c’est qu’une victoire des socialistes français, au printemps, ne donne un sérieux coup de pouce aux sociaux-démocrates, qui pourraient alors espérer revenir au pouvoir, avec les Verts. D’où l’engagement explicite et appuyé d’Angela Merkel en faveur de Nicolas Sarkozy”. L’analyse de Karl de Meyer achève le portrait : “les limites du triomphe merkélien” et explique la position de l’Allemagne dans l’Union : “l’insolent dynamisme de l’économie allemande accroît la pression sur Berlin pour un renforcement des mécanismes de soutien à l’euro”.

Crise européenne : à qui, à quoi la faute ?

Les questions et réponses ne tarissent pas sur ce sujet. Les Echos livre une analyse des “vraies racines de la crise”. Contrairement à l’idée reçue, selon l’article, la crise de la zone euro n’est pas seulement due “ aux seules difficultés budgétaires des Etats membres” mais à “la balance des paiements courants”. Sont cités ensuite les PIIGS avec un invité surprise. “La Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne et même la France” ont accumulé des déficits de la balance courante. Les mauvaises notes semblent attribuées avec parcimonie, et la balance des paiements courants semble être un symptôme du mal plus que la cause. Les torts sont finalement partagés. L’Allemagne en prend aussi pour son grade. “La politique de compression des coûts du travail conduite dans les années 2000, serait donc responsable des maux de ses voisins européens” comme l’explique le dernier rapport annuel de l’Organisation internationale du travail (OIT). En conclusion, l’auteur va jusqu’à envisager la dévaluation globale de la monnaie unique pour concurrencer le yuan chinois. Solution finale : relancer la croissance, pourrait faire l’objet d’un article entier sur les différentes formes opératoires.

Pour lutter contre la crise, “Jean-Luc Mélenchon s’attaque aux nouveaux traités européens”. Il invite à se joindre à la prochaine manifestation de la Confédération européenne des syndicats (CES), le 29 février prochain, pour s’opposer au nouveau traité européen qui sera signé le 1er mars et symbolise pour le candidat l’austérité européenne. 
 “Plus de sept Français sur dix veulent garder l’euro" annonce un sondage CSA pour Le Figaro. 26% souhaitent revenir au franc. Sur ce sujet, Marine Le Pen juge que : “C’est la raison pour laquelle mon projet prévoit, et je suis suivie en cela par toute une série d’ailleurs de Prix Nobel d’Economie, de préparer le retour aux monnaies nationales, sur six mois ou huit mois".

Grèce, étude de cas pratique des décisions européennes

« La méfiance règne » indique Les Echos en conclusion d’un article. La France et l’Allemagne ont demandé qu’à l’occasion du futur plan d’austérité « les intérêts de la dette grecque soient versés sur un compte bloqué » pour garantir ses créanciers contre un risque de défaut de l’Etat grec. "La Grèce se révolte contre le plan d’austérité". Après la démission de six ministres (2 PASOK et 4 LAOS), le gouvernement a adopté les nouvelles mesures réclamées par la zone euro. Les chiffres exacts varient légèrement d’un journal à l’autre, mais ces mesures comprennent une baisse de 20% du salaire minimum (ramené à 600 euros brut), une réduction similaire des retraites complémentaires, dont certaines caisses sont en quasi-faillite, le non-renouvellement des accords de branche arrivant à expiration, 15 000 licenciements immédiats dans le secteur public, et une réduction de plus d’un milliard d’euros des dépenses de santé… Les communistes et radicaux manifestent pour le “renversement de la coalition au pouvoir” à l’origine de cet accord. Selon Libération, “ce n’est pas une négociation, c’est la chronique d’une mort annoncée par la troïka, qui exerce un chantage cynique sur tout un peuple ”. Le gouvernement de Papademos espère maintenant le déblocage des 130 milliards d’euros d’aide européenne. “ Laisser la Grèce dans une situation de défaut aurait des conséquences incalculables ”, a mis en garde Angela Merkel, jeudi, devant les députés du Bundestag, appelés à voter sur le second plan de sauvetage de la Grèce le 27 février.

C’est au tour du Parlement grec d’examiner le texte le dimanche soir. Entre temps, la pression de la rue augmente. Le syndicat des policiers grecs aurait lancé un mandat d’arrêt contre la troïka pour motif de « destruction de la cohésion sociale” indique Le Figaro. Alors que les prochaines élections législatives sont prévues avant l’été, il sera difficile pour les membres de la coalition de préserver leur image. La Croix alerte : “aujourd’hui, 20,1 % de la population grecque est menacée par le risque de pauvreté”. Un chiffre qui fait écho à celui des Echos : “le chômage frôle désormais 21 %”.

Par ailleurs, suite à la rencontre des ministres des finances de la zone euro, “la Grèce va bénéficier d’un effacement de dette sans précédent”, de 100 milliards d’euros conclu entre la Grèce et les créanciers privés.

Ces éléments de sauvetage conduise les journaux à des prises de position tranchées. Un éditorial du Figaro parle de “chantage grec”. L’Union ‘passerait’ tout à ce pays de peur que la crise ne se propage. Le Monde prend d’ailleurs l’avis d’un professeur grec qui prévient : "Aujourd’hui la Grèce, demain à qui le tour ?". La Grèce a selon lui servi de bouc émissaire pour cacher derrière elle un problème européen. L’euro serait la véritable cible des marchés. Il rappelle “l’électrochoc à la fois économique, social et politique” que vit le pays. Il martèle : “il est faux d’affirmer que les Grecs ne travaillent pas “ et répète que la Grèce “congénitalement porte l’Europe”.

Et si les Allemands étaient dans la peau des Grecs ?” ose Les Echos. Le journal y relaye les commentaires de la presse allemande. Le « Tageszeitung », de gauche, explique que l’opinion publique est de plus en plus convaincue que les Grecs sont les responsables de tous leurs maux. Pour « Die Welt » le conservateur, il est évident qu’il est déjà trop tard pour sauver la Grèce avec de nouvelles aides financières. Le Spiegel oscille entre un “retarder l’inévitable faillite” sans conviction et la “stimulation économique” pour la Grèce.

Et ailleurs, la crise aussi

Il n’y a pas qu’en Grèce que les mesures de la “Troïka” change la donne pour les gouvernements. “Mario Monti prépare les Italiens à la fin du CDI”. En Roumanie, ce qui apparaît comme un simple changement de gouvernement suite à la démission du premier ministre Emil Boc, relève des mêmes enjeux. Depuis le début de la crise économique en 2008 le gouvernement d’Emil Boc a imposé "la politique d’austérité la plus dure de l’Union européenne" : baisse des salaires de la fonction publique de 25 % et augmentation de la TVA de 19 % à 24 % dans un pays où le salaire moyen est de 350 euros. Plus de 200 000 fonctionnaires ont été mis à la porte en l’espace de deux ans. Le mouvement des Indignés est parvenu obtenir cette démission du premier ministre, remplacé par un ancien chef des services de renseignements. “Cette nomination rappelle la police politique de l’époque communiste ("Securitate"), pourtant Ungureanu semble bénéficier d’une image positive au sein de la population” juge Le Monde.

En Finlande, “le populisme ne gagne pas” apprend le Figaro. L’élection du conservateur Sauli Niinistö à la présidence “apporte une fin de non-recevoir aux idées populistes et xénophobes qui s’étaient exprimées lors des dernières législatives d’avril 2011.” Par ce vote, ce pays de quelque 5 millions d’habitants, le seul parmi ses voisins scandinaves à utiliser l’ euro, vient de réaffirmer son ancrage au sein de l’Union européenne.

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